Réaction face à l’interdiction de la

prostitution dans la ville de Bruxelles

Le 28 septembre 2020, une ordonnance du bourgmestre Philippe Close a interdit l’exercice de la prostitution sur l’ensemble du territoire de la ville de Bruxelles. Nous déplorons que cette ordonnance n’ait fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les travailleur·ses du sexe (TDS) et les associations de terrain. 

Actuellement, aucune donnée n’indique que le travail du sexe alimente les foyers de contamination. Cette décision unilatérale stigmatise donc sans fondement les personnes qui vivent de ces métiers et déclare en creux qu’elles ne sont dignes ni d’être entendues, ni d’être écoutées. 

Il est pourtant de la responsabilité des pouvoirs publics de trouver des solutions adéquates pour les publics qui cumulent les fragilités et les inégalités sociales. Dans le cas des TDS, on ne peut pas interdire leur activité sans leur proposer des revenus de substitution – qui doivent donc devenir accessibles aussi à ceux et celles qui ne remplissent pas les conditions habituelles pour l’accès à l’aide sociale. La lutte contre la propagation de la Covid-19 ne doit pas servir de prétexte pour prohiber le travail sexuel.

En juillet dernier, le GEES validait un protocole sanitaire de reprise pour le secteur TDS, signé par le Ministre Ducarme pour sa mise en application et la réouverture de l’activité prostitutionnelle. Comment dès lors comprendre ce retour à la situation de printemps pour les TDS de Bruxelles-ville uniquement ? Il est nécessaire, pour la santé des TDS et par extension, de la population générale, d’adopter une politique globale et cohérente sur l’ensemble des communes concernées.

Cette interdiction brutale obligera les TDS à re-déployer des stratégies de survie (colis alimentaires, retards de loyers, accumulation de dettes), poussant certain·e.s à poursuivre l’activité clandestinement dans des conditions de grande vulnérabilité. 

Cela ouvre la porte aux pratiques sexuelles à risque et sans matériel de prévention, à la violence, l’exploitation, et réduit considérablement l’accès aux différents gestes barrières préconisés dans le protocole sanitaire de reprise de l’activité. L’interdiction de la prostitution à Bruxelles-ville risque non pas de limiter la propagation de la Covid-19, mais bien de l’accentuer.

Plus largement, l’activité des TDS doit être sortie du droit pénal et nécessite une protection sociale et un accès aux droits fondamentaux.

Cosignataires :  

 

Prof. Dr. Karel Arnaut, IMMRC, KU Leuven 

Pour le Conseil bruxellois de coordination sociopolitique Alain Willaert, Coordinateur

Dr Valérie Delpierre

Colombe Dethier, avocate et citoyenne résidente à Alhambra

L’ASBL Dune

L’ASBL Diogènes

L’ASBL Ex-Aequo

Pour La Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial, Emilie Saey

La Fédération Des Services Sociaux (FDSS)

Pour La Fédération laïque de centres de planning familial (FLCPF), Karim Majoros, Directeur

Pour la Fedito, Stéphane Leclercq

Pour Le Forum – Bruxelles contre les inégalités, Nicolas De Kuyssche

Pour Icar Wallonie – Delphine Gratien, Coordinatrice

Pour Infirmiers de rue, Dr. Pierre Ryckmans

Prof. Pascale Jamoulle Anthropologue UMONS/UCL

Pour Le lama asbl, Eric Husson

La Liaison Antiprohibitionniste

La Ligue des Droits Humains 

Modus Vivendi

L’Observatoire du Sida et des Sexualités

La Plateforme Prévention Sida

Le R.A.T.

La Coordination générale du Relais Social Urbain Namurois

Pour le Service Social Juif, CASG, Vincent Demeulder 

Pour L’asbl La Trace, Florence Cordi

Pour Violett, Martine Claeyssens et Wendy Gabriëls

Twitter

X